5 déc. 2017

{Chronique et Interview} Gardiens des Cités Perdues Tome 6 Nocturna

Nocturna… Dans l’esprit de Sophie, embrumé par le chagrin et le deuil, ce nom brille comme un astre. À lui seul, il incarne tous les espoirs et toutes les craintes de la jeune fille. Car c’est là que se trouve sans doute sa famille humaine, enlevée par les Invisibles, là que l’attendent les réponses à toutes ses questions. Mais s’y rendre relève du tour de force – Sophie et ses amis sont donc bientôt contraints de revoir leur stratégie, quitte à pactiser avec plusieurs de leurs ennemis.
Dès cet instant, le compte à rebours est lancé : pour sa famille disparue, comme pour le reste du monde, il n’y a plus une minute à perdre. Rongée par l’incertitude et la peur, Sophie va devoir, plus que jamais, s’appuyer sur ses proches pour parvenir à aller de l’avant, pour éviter surtout de sombrer dans le désespoir. Car, même si elle est loin de s’en douter, les portes de Nocturna dissimulent un secret enfoui depuis des millénaires… un secret qui pourrait bien changer la face du monde à tout jamais !
Et si la clé de l’énigme se cachait dans le passé ?



A chaque fois que je referme un tome de cette série jeunesse que j'affectionne tant et pour laquelle j'ai déjà eu de nombreux coups de coeur, je me demande de quelle manière Shannon Messenger va réussir à se renouveler et à m'étonner. Ce qui est incroyable c'est qu'elle y parvient à chaque fois et ce tome 6 qui m'a fait passer un excellent moment de lecture ne déroge pas à la règle. Un grand merci à la maison d'édition Lumen qui m'a à la fois permis cette lecture mais également de pouvoir interviewer l'auteure de cette admirable série lors du salon de Montreuil. 
Cela fait désormais longtemps que Sophie Foster a quitté le monde des hommes pour s'établir dans celui des elfes. Dotée de pouvoirs étonnants, entourée d'amis généreux et incroyables, Sophie a tout pour être heureuse mais parfois, ses parents humains lui manquent. Ainsi, le jour où Sophie découvre qu'ils se sont fait enlever et sont sans doute torturés, retenus quelque part dans le monde elfique contre leur gré, elle va tout mettre en oeuvre pour les retrouver et les sauver. 
En lisant ce livre, j'avais l'impression d'être dans la peau d'une maman qui couve d'un regard ému ses enfants, fière de ce qu'ils sont en train de devenir. En effet, en découvrant la petite soeur de Sophie, je me suis souvenue avec nostalgie de ce à quoi elle ressemblait lorsqu'elle a découvert le monde des elfes pour la première fois. Sa timidité, son manque de confiance en elle, ses angoisses permanentes, tout ce qui lui pourrissait la vie et l'empêchait d'être pleinement elle-même a été plus ou moins gommé avec le temps grâce à la présence aimante de son entourage. 
Notre petite bande de personnages a bien grandi et même si ils continuent de vivre des moments angoissants et dangereux qui les ont certainement fait mûrir bien vite (rester dans l'entourage de Sophie comporte toujours des risques), ils restent à certains moments une bande d'ados dans toute sa splendeur. Chamailleries, séduction, les hormones travaillent nos personnages et avec ce sixième tome, on atteint vraiment le paroxysme du triangle amoureux: Sophie, Keefe, Fitz. Les personnages ont su me réserver de belles surprises avec un twist assez incroyable au début du livre qui m'a étonné mais m'a grandement plu!
Oui, c'est vrai que ce tome 6 comporte des longueurs, il faut dire qu'on commence à avoir fait plus ou moins le tour de cet univers au demeurant très riche et que l'histoire tend à tourner un peu en rond. Mais il est également vrai que Shannon Messenger tente d'insuffler un nouveau souffle en nous proposant de nouveaux méchants, quelques nouveaux personnages et environnements. Toutefois, là où j'aurai tendance à me braquer en lisant d'autres livres qui possèdent des longueurs pour la simple et bonne raison que je m'ennuie, ici, je les dépasse sans sourciller, tout simplement heureuse que je suis de retrouver ce monde que j'apprécie tant et que je serai bien triste de quitter définitivement le moment venu. 
En résumé, j'ai une fois de plus adoré ma lecture (mais entre nous soit dit, qui est vraiment étonné par cette affirmation ?). L'attente sera une fois de plus longue jusqu'à la sortie du prochain tome mais pour une fois, même si la fin comporte du suspens, ce n'est pas non plus le genre de suspens qui me donne habituellement envie d'assommer ma tête contre un mur. Amen.

★★★★★


Interview de Shannon Messenger - Salon de Montreuil, Décembre 2017




Bonjour Shannon, je suis absolument ravie de faire ta connaissance et d'avoir l'opportunité de te poser quelques questions. Pour commencer, je serai curieuse de savoir à quel âge tu as commencé à écrire et ce qui t'as donné envie de te lancer ?
J'ai commencé à écrire sur le tard. Quand j'étais plus jeune, ce que j'aimais c'était l'art même si je lisais déjà beaucoup quand j'étais enfant. Il m'arrivait d'ailleurs de lire plusieurs fois les mêmes livres. Quand je suis rentrée à l'université, j'ai pris un cours d'écriture de scénario et ça m'a beaucoup plu. J'ai donc choisi comme champ d'études le cinéma et j'ai un peu travaillé à Hollywood sauf que j'ai détesté ça. Je me suis alors rendue compte que davantage que le cinéma ce que j'aimais c'était écrire et j'ai pris la décision d'écrire un livre pour les enfants. Je suis une grande enfant, je suis assez immature en fait et pour moi c'était naturel d'écrire pour les plus jeunes.

Quel est le livre qui t'as le plus marqué lorsque tu étais enfant ? Et récemment ?
Lorsque j'étais enfant, c'était une série de livres de Berverly Cleary dont l'héroine, une petite fille qui s'appelle Ramona me ressemblait beaucoup. Tout ça c'était avant Harry Potter et à l'époque, il n'y avait rien entre la littérature enfantine et la littérature pour les ados, il y avait vraiment peu de choix. Aujourd'hui on a beaucoup de chance quand on est ado ou pré ado.
Le livre qui m'a marqué dernièrement c'est Ella Enchanted, de Gail Carson une adaptation de Cendrillon avec un personnage fort et qui a de la ressource.

Quelle est ta fréquence d'écriture ? Ecris-tu un peu chaque jour ou bien écris-tu selon ton inspiration? 
Je suis obligée d'écrire chaque jour. Idéalement, j'aimerai pouvoir prendre le temps de mettre deux ans pour écrire un livre mais mon éditeur insiste pour que j'écrive un livre par an.

Tu possèdes une imagination vraiment débordante. Comment t'es venue l'idée d'écrire GDCP?
J'ai eu beaucoup d'influences différentes mais on peut en noter deux principales. La première c'est Le seigneur des anneaux avec Legolas que j'adore. Mais les terres du milieux c'est un contexte assez ancien et historique et j'ai préféré choisir un monde plus moderne avec des elfes, un monde dans lequel j'aimerai vivre. La seconde influence c'est X-men, j'adore l'idée que chaque membre d'une équipe possède une capacité différente qui fonctionne que si chacun participe à l'effort commun. Chaque personne est importante et a de la valeur.

Comment s'est passée l'écriture de cette saga? Avais-tu toute l'histoire en tête ou uniquement la trame initiale et le reste est venu au feeling ?
Un peu des deux. Au départ j'avais des choses assez cadrées en tête pour les principaux conflits et adversaires qu'allaient rencontrer les enfants et les détails sont venus au fur et à mesure. Ce qui est amusant c'est que les détails ont amené de nouvelles idées. Je me suis habituée à laisser de l'espace aux idées.

Si tu étais une elfe, quel serait ton pouvoir ? 
J'adorerai pouvoir me téléporter parce que c'est physiquement éprouvant de prendre l'avion et les correspondances font perdre du temps. Après, la téléportation ça me fait quand même un peu peur j'aurai la trouille de perdre des bouts de moi même. Sinon, j'aimerai pouvoir comme Biana disparaitre à volonté, me cacher et assister à des choses sans que personne ne me voit.

Les enfants sont au coeur de ton récit mais plus l'histoire avance et plus les adultes ont de l'importance. Parmi les adultes, c'est Edaline qui a ma préférence. Et toi ?
C'est pareil pour moi. Au début de la série j'avais la sensation qu'on la critiquait parce qu'elle était perçue comme faible alors qu'elle a subi quelque chose de terrible. Je voulais qu'on lui laisse le temps de se reconstruire et la série c'est le voyage que fait Edaline pour reconstruire son existence.
Dans beaucoup de série middle grade soit les parents sont morts soit ils sont très loin. Je voulais montrer que les figures adultes pouvaient être également de chouettes personnages et pas seulement les vilains de l'histoire.

J'ai lu sur Internet qu'il y a un an, tu ne savais pas quel serai le choix final amoureux de Sophie. Es-tu désormais plus avancée? Le suspens tue tes lecteurs!
En tant qu'auteure j'ai la sensation de contrôler l'intrigue mais pas les sensations de mes personnages. J'ai quelques théories mais je sais qu'au coin de la rue les attendent de gros changements de vie et pas uniquement pour Sophie mais pour tous mes personnages. Je sens que je ne dois pas avoir d'idées trop pré-conçue par rapport à ça, je veux attendre de voir comment ça se décide, ce qu'ils ressentent.

Quels sont tes projets d'écriture? Ton prochain récit sera t il orienté middle grade comme GDCP ou plutôt young adult comme LTSK? 
Techniquement j'ai déjà écrit un ouvrage qui a trouvé un éditeur pour une catégorie d'âge plus jeune que GDCP. Dès que je l'aurai relu, il sera publié.
La difficulté c'est que la série Gardiens n'est pas terminée donc c'est dur de me projeter dans le futur. (il y aura plus que 7 tomes mais je ne sait pas encore combien)
Quand j'ai écrit LTSF Vane avait 17 ans ça a donc été catégorisé en YA et dans ma série GDCP Sophie avait 12 ans donc ça a été catégorisé en middle grade sauf que mes héros grandissent avec le temps. Du coup, te dire si mes futures publications seront orientées middle grade ou YA ça dépendra de l'âge que je donnerai à mon prochain héros et ça, je ne le sais pas encore pour le moment.


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire